Recruter, entre loyauté et compétence • Carnets de campagne : victoire et amertume • Recrutements • Nominations
Entourages n°217, la lettre des métiers politiques
🗣️ Recrutement : les choix structurants du début de mandat. Entre loyauté et compétence, réflexes de réseaux et intuition personnelle, constituer l’équipe (DGS, dircab, DGA…) qui va accompagner le/la maire est un moment de bascule trop souvent géré dans l’urgence.
Pourtant, ces nominations conditionnent pour six ans la capacité de l’exécutif à traduire un projet politique en action publique concrète. Dayana Chamoun-Fievée, fondatrice de Diane Conseil, rappelle les démarches pour éviter l’erreur de casting.
📝 Carnets de campagne : nous poursuivons les témoignages et retours d’expérience des équipes et candidats des élections municipales.
🏆 Meylan : la victoire “historique” d’une candidate “dépolitisée” :
Romain Branche, chargé de l’organisation des événements de la campagne de Joëlle Hours, a été surpris de la violence entre les deux tours. Mais il savoure une victoire qui conclut une campagne de terrain très structurée.😡Sarrebourg : “On m’a reproché d’être une jeune femme, donc incompétente”:
Céline Bentz, conseillère ministérielle, a grandi à Sarrebourg, et y menait sa première campagne électorale. Elle en tire les leçons.🙊Nogent sur Marne : “J’ai été blacklisté des réseaux sociaux locaux” :
Philippe Julliard, ex-directeur de cabinet du maire de Nogent-sur-Marne, raconte les obstacles inattendus qui se sont dressés après sa candidature.
Et aussi : ”Secrétaire général de mairie”, un guide juridique et pratique de gestion territoriale
☑️Les recrutements : 19 postes à pourvoir
☑️Les nominations : le “mercato” des collaborateurs bat son plein
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Recrutement : les choix structurants du début de mandat
Par Dayana Chamoun-Fievée, fondatrice de Diane Conseil
Dans les semaines qui suivent l’installation des nouveaux exécutifs, les collectivités territoriales font face à l’exercice le plus déterminant du mandat : constituer l’équipe de direction. Qu’il s’agisse du/de la direction générale des services (DGS), de la direction de cabinet (Dircab) ou des directions générales adjointes des services (DGA), ces nominations conditionnent pour six ans la capacité de l’exécutif à traduire un projet politique en action publique concrète. Pourtant, ce moment de bascule est trop souvent géré dans l’urgence, entre réflexes de réseaux et intuition personnelle.
Le piège de l’urgence et de l’entre-soi
Le recrutement des cadres dirigeant.e.s intervient dans une période de transition où la pression est maximale. L’élu.e, n’ayant pas encore pleinement pris la mesure de son appareil territorial, mobilise naturellement ses réseaux de proximité. La loyauté est privilégiée au détriment d’un diagnostic de compétences rigoureux, sous-estimant l’écart entre le profil dont l’exécutif pense avoir besoin et celui dont sa collectivité a objectivement besoin pour performer.
Or, le métier de directeur de cabinet s’est transformé ces dernières années. La fonction exige aujourd’hui une double excellence : une finesse politique doublée d’une réelle capacité managériale. Le “réseau”, aussi dense soit-il, ne garantit plus l’adéquation à ces nouveaux enjeux de complexité territoriale.
L’erreur de casting : un séisme politique et financier
Une nomination faite par défaut ou par précipitation n’est pas un simple aléa de ressources humaines : c’est un risque stratégique majeur. Si les coûts sont d’abord directs (rémunération, frais de recherche, mobilisation des services), ce sont les coûts indirects qui pèsent le plus lourd sur un exécutif :
Perte de temps : un mandat qui piétine pendant 18 mois, le temps de corriger une erreur de recrutement initiale.
Paralysie managériale : une baisse de moral des équipes et une dégradation de la marque employeur de la collectivité.
Coût politique : l’instabilité au sommet envoie un signal de fragilité aux partenaires comme aux administrés.
L’approche directe : aller chercher les talents là où ils sont
Pour sortir de l’étroitesse du vivier traditionnel, la méthode de l’approche directe est devenue indispensable. Les meilleurs profils sont rarement en recherche active ; ils sont en poste, engagés et satisfaits. Seule une approche confidentielle et personnalisée permet de les convaincre de rejoindre un nouveau projet. C’est aussi le levier le plus efficace pour favoriser la mixité. Dans un secteur où les réseaux informels restent très masculins, la méthode permet d’identifier des talents féminins de haut niveau qui ne se manifesteraient pas spontanément. La performance publique de demain ne peut plus faire l’économie de cette diversité.
Sécuriser le binôme : l’enjeu des 100 premiers jours
Le succès d’un recrutement ne se joue pas le jour de la signature mais durant les 6 mois qui suivent. C’est la phase critique du diagnostic, de la prise de repères et de la construction de la confiance entre l’élu.e et son/sa dirigeant.e. Accompagner cette intégration, c’est transformer une simple nomination en un investissement durable pour le territoire. En abordant cette phase avec méthode, les élu.e.s sécurisent l’essentiel : leur capacité à agir dès le premier jour, et pour la durée entière du mandat.
Dayana Chamoun-Fievée
Carnets de campagne, le jour d’après - 2
Durant la campagne des municipales, nous avons interrogé des membres des équipes de campagne et des candidats sur leur stratégie, leur démarche. Après les résultats définitifs, nous leur avons demandé de dresser un bilan de ce qui a fonctionné, ou pas. Ils se sont livrés à l’exercice, avec lucidité. Fatigue, réunions, déceptions, surprises… Voici la seconde partie des témoignages.
🏆 Meylan : la victoire “historique” d’une candidate “dépolitisée”
La situation après le premier tour :
Trois listes se faisaient face ; la liste “Divers droite” de Sandrine Chaix (27,59% des voix) s’est ralliée à Joëlle Hours, arrivée en deuxième position avec 33,16% des voix, derrière le maire sortant Philippe Cardin (39,24%).
Au second tour, Joëlle Hours l’emporte avec 57,20% des voix. La participation a été particulièrement élevée (63,07%).
Romain Branche, chargé de l’organisation des événements de la campagne de Joëlle Hours, a été surpris de la violence entre les deux tours, mais savoure une victoire qui conclut une campagne de terrain très structurée.
“Depuis 2020, la candidate a expliqué qu’elle veut “dépolitiser l’exercice du pouvoir”. Je pense que cela a fait mouche dans la population, car les gens en ont ras le bol de voir des politiques se cracher dessus toute la journée, puis se mettre ensemble au second tour.
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